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Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé

Université d’Oran
Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
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Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
«Le champ médical algérien fait fi de l’importance du médecin généraliste»
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Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
Etre une femme seule, isolée et sans soutien, c'est déjà porter le stigmate de «prostituée»
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Entretien avec Tennci Lamia:
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Entretien avec Tennci Lamia:
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Par Ziad Salah
ACTUALITÉS DU GRAS
El Watan l  Dimanche 30 octobre 2016

Colloque international sur les soins en Algérie
Les patients livrés à eux-mêmes

 
Par Djamel Benachour
Les travaux du colloque international intitulé « Les patients à l’épreuve des soins » organisé par le Gras (Unité de recherche en sciences sociales et santé) ont été entamés vendredi matin à la bibliothèque des sciences sociales située dans les locaux de l’ex-IGMO mais dépendant de l’université Oran II.

Ce colloque vient couronner 25 années d’activités du GRAS que dirige Mohamed Mebtoul. C’est d’ailleurs ce dernier qui a ouvert la première séance plénière avec une intervention portant sur les «soins et [la] citoyenneté en Algérie». Ce sont des années d’investigation et de recherches de terrain qui lui ont permis d’analyser le triptyque patients-proches parents et professionnels de la santé avant de proposer une lecture sociopolitique en faisant intervenir les notions de «pouvoir» et de «citoyenneté». «Il suffit d’observer un service des urgences en Algérie pour se rendre compte de la cacophonie socio-organisationnelle, se traduisant par de multiples tensions, violences et contre-violences, une opacité pour les uns et une proximité relationnelle pour d’autres détenteurs du capital social.»

Le Pr Mebtoul introduit la notion de crise structurelle des soins et le manque de concertation entre les différents acteurs, mais surtout les prises de décision provenant exclusivement d’en haut et qui font que «cela fait 50 ans que nous reproduisons à l’identique les mêmes problèmes». Il se soucie de «la place des acteurs de la santé (patients et professionnels de la santé) face à l’imposition souvent brutale et unilatérale des normes de santé par le politique.» Les termes utilisés sont durs, mais son constat est que malgré tout l’argent injecté, l’introduction de la technologie (scanners haut de gamme et autres équipements récents) et la réalisation de belles structures, cela ne fonctionne toujours pas. Partant de son expérience acquise sur le terrain, toutes les régions d’Algérie enregistrent les mêmes dysfonctionnements techniques.

La raison en est «une greffe brutale et hasardeuse des structures de soins» alors qu’il aurait fallu au préalable analyser le tissu social pour proposer des solutions adaptées à chaque contexte. Conséquence : on assiste alors souvent à une «errance thérapeutique» (terme utilisé par Mebtoul) avec des patients qui ne savent plus à quel saint se vouer. «Le dialogue avec la société est occulté» et l’intervenant va encore plus loin en proposant une relecture de Frantz Fanon, le clinicien qui a touché du doigt les dangers de la marginalisation. Il s’appuie sur ce militant de la cause algérienne pour dire que là aussi il faut sortir des formes de domination.

Pour lui, la société était également absente même dans les politiques volontaristes des années 1970 avec la différence que le médecin de l’époque était militant, donc quelque part adhérent aux politiques menées par le pouvoir central. Dans le débat, un intervenant a fait remarquer que les acteurs politiques eux-mêmes n’avaient pas la même vision comparés à ceux d’aujourd’hui. Durant les années 1990, c’est par les mêmes comportements autoritaires qu’il a été décidé de renforcer le secteur privé. «Aujourd’hui, nous avons un système hybride et on assiste à une cohabitation peu harmonieuse et non régulée entre la marchandisation de l’acte de soins et une administration étatique tout aussi verticale», explique Mebtoul.

Ce dysfonctionnement produit des effets pervers avec l’apparition des patients «privilégiés» qui usent de leur capital relationnel par opposition aux patients «anonymes», souvent victimes du système et qui se retrouvent à faire de longs déplacements vers des structures privées car ils ne peuvent pas se permettre le luxe d’attendre 5 à 6 mois avant d’être pris en charge ! «Ce sont ceux qui ont le plus besoin de soins qui font face aux plus grandes difficultés pour y accéder !» C’est ce qu’on appelle la loi inverse des soins, un concept repris par Bart Crieil d’Anvers (Belgique) qui est intervenu sur «L’assistance sociale en santé : quelle voie à une prise en charge globale et digne des plus pauvres». Bart Criel est un médecin qui a eu à assumer un mandat en tant que directeur des services sociaux dans une petite municipalité en Belgique, mais qui a également exercé au Congo. Ses recherches et son expérience dans les Centres publics d’action sociale (CPAS) belges peuvent constituer des pistes à explorer pour les pays du Sud.

«Ce n’est pas parce que les soins sont gratuits qu’ils sont forcément accessibles», indique-t-il en estimant que pour plus d’équité, l’action peut même être inégale pour favoriser les plus vulnérables. Selon lui, reprenant des théories déjà formulées, l’accès aux soins est conditionné non pas seulement par l’accessibilité géographique, la disponibilité du personnel médical, des équipements, etc., mais aussi par l’acceptabilité, c’est-à-dire la façon dont les gens perçoivent ce service. Bart Crieil se base également sur les travaux de Laurence Touré sur «Les indigents et les politiques de santé en Afrique» pour énumérer un certain nombre d’embûches qui entravent la réussite des actions censées être menées au profit des plus «pauvres» dont le manque de ressources, la corruption, mais surtout l’inefficacité des opérations d’identification.

Même la notion de «pauvre» est remise en question en ce sens qu’on parle plutôt de «situation de pauvreté».
Il préconise la solution belge qui fait que les experts du vécu en matière de pauvreté et d’exclusion sociale travaillent de concert avec les professionnels de la santé et de l’assistance sociale pour plus d’efficacité afin de réduire le fossé entre l’administration et les citoyens les plus pauvres. Les séances plénières ont également permis à Messaouda Sadouni, cadre associatif spécialisée dans la prise en charge psychologique, d’exposer l’impact des violences terroristes sur les enfants de Sidi Moussa.

C’est l’exemple de l’implication de la société civile dans la prise en charge des patients chroniques. «La recherche est venue après, car au départ nous ne faisions que réceptionner des élèves orientés par les écoles suite à l’échec scolaire ou à la manifestation d’actes violents», explique l’intervenante qui assure que «malgré la prise en charge, les enfants qui sont passés par cette association présentent toujours des années après les mêmes symptômes pour lesquels ils étaient venus.» Pour elle, le problème n’a pas été traité immédiatement après les traumatismes et on a perdu beaucoup de temps avant de solliciter des soins conventionnels qui eux-mêmes exigent une approche pluridisciplinaire et un suivi à long terme. Le programme de ce colloque de deux jours contient également une série d’ateliers animés sur des thématiques diverses.
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