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Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé

Université d’Oran
Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
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Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
«Le champ médical algérien fait fi de l’importance du médecin généraliste»
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Entretien avec le professeur Mohamed Mebtoul :
Etre une femme seule, isolée et sans soutien, c'est déjà porter le stigmate de «prostituée»
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Entretien avec Tennci Lamia:
Les médecins du travail, déplorent la méconnaissance des cancers professionnels en Algérie
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Entretien avec Tennci Lamia:
Sans le savoir profane de la famille, l’activité des médecins serait plus compliquée
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Par Ziad Salah
INTERVIEW                                               
El Watan
15 Août 2014
On peut vivre la canicule à n’importe quelle période de l’année
Entretien avec Mahi Tabet-Aoul, chercheur, spécialiste de l’atmosphère :
Même s’il y a une légère baisse des températures, cet été a connu une longue période de chaleur pendant une quarantaine de jours. Est-ce normal ?

On peut répondre que c’est anormal si l’on habite dans les villes littorales du Nord où la température maximale dépasse rarement la barre de 36°C comme seuil de température insupportable correspondant à la température interne du corps humain. Mais la température de 40°C serait tout à fait normale si l’on habite l’intérieur du pays ou au Sud.

Au Sahara, on peut avoir des températures habituelles bien supérieures à 40°C. Il y a un effet d’accoutumance qui différencie une région d’une autre ou une ville d’une autre. A ce titre, dans une étude réalisée en Algérie, le seuil de 36°C peut être dépassé en moyenne par année : 14 fois à Oran, 50 fois à Saïda et 90 fois à Aïn Sefra.

Pour la définition de la canicule, cette dernière est un phénomène météorologique durable qui peut s’étaler sur plusieurs jours consécutifs, voire parfois plusieurs semaines. Sa définition varie selon les pays et même parfois à l’intérieur d’un même pays compte tenu du climat propre à chaque région ou à chaque ville (position géographique, altitude, proximité des surfaces d’eau, couverture végétale…).

En général, on ne peut parler de canicule que si elle dure plus de 3 jours consécutifs avec des maximales qui dépassent 30 à 35°C. Si ce n’est pas le cas, on parlera plutôt d’un pic de chaleur.

Chez nous, par le passé, on parlait plus de sirocco que de canicule et la période d’occurrence du sirocco se produisait régulièrement au cours de la dernière décade de juillet. Aujourd’hui, on peut vivre la canicule à n’importe quelle période de l’année avec naturellement une intensité variable. L’occurrence de canicules va devenir de plus en plus courante à cause du réchauffement du climat et il faut apprendre à s’y adapter pour longtemps.

Quel est l’impact de ces chaleurs sur la santé, l’agriculture, les ressources hydriques… ?

Avant d’aborder les impacts de la canicule sur la santé humaine, voyons comment la canicule agit sur les ressources en eau et les ressources agricoles ? En ce qui concerne les ressources en eau, on sait qu’un air plus chaud absorbe plus d’eau et donc plus la température de l’air est élevée, plus l’évaporation est forte au niveau des surfaces d’eau.

Ce qui diminue les réserves des réservoirs d’eau et barrages. La persistance de la chaleur assèche l’eau du sol le rendant plus sec, diminuant ainsi sa réserve utile indispensable au maintien de la couverture végétale.

En plus du dessèchement du sol agricole, la chaleur provoque la dessiccation des végétaux, ce qui provoque le phénomène connu de l’échaudage qui entraîne la mort du végétal. Tout le monde sait que l’homme est aussi appelé homéotherme pour la simple raison que sa température interne est constante (elle varie entre 36 et 37°C). L’être humain est naturellement doté d’un mécanisme appelé thermorégulation qui règle les échanges permanents de chaleur entre lui et le milieu extérieur qui l’entoure. Ces échanges se font à travers les processus connus comme la diffusion de chaleur par conduction, rayonnement ou convection.

C’est en l’absence de ces processus que le corps humain met en jeu son mécanisme de défense contre la chaleur à travers la sudation qui est la sécrétion de sueur pour refroidir la surface du corps.

Si l’air est calme (absence de vent) et que la température de l’air se rapproche de la température de la surface du corps, il n’y a plus de gradient thermique qui permet d’évacuer l’accumulation et la surcharge de chaleur du corps. Ici l’humidité intervient comme seule possibilité d’évacuer la chaleur de la surface du corps, si toutefois l’air n’est pas saturé d’eau.

Si l’air est humide et saturé, l’organisme humain ne pourra plus évacuer sa chaleur et alors il s’ensuit une sensation d’inconfort insupportable qui peut entraîner des symptômes graves.

La canicule peut avoir des effets sur les sujets sains mais des impacts plus prononcés sur les malades chroniques, principalement les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires et les insuffisants respiratoires dont les asthmatiques. L’organisme ajuste le rythme cardiaque pour assurer l’équilibre thermique du corps humain.

On sait aussi qu’en hiver, du fait du froid, le rythme cardiaque est ralenti (bradycardie) alors qu’en été, il s’accélère (tachycardie) du fait de la chaleur. Au cours de la canicule, la tachycardie peut être forte et s’avérer néfaste pour les sujets présentant des symptômes cardiovasculaires. On sait aussi qu’une des principales fonctions pulmonaires consiste à saturer l’air inspiré pour qu’il atteigne la température de 36°C afin de lui permettre d’accéder au circuit sanguin.

Quand la température dépasse 36°C, il n’y a plus d’évaporation pulmonaire, mécanisme indispensable pour assurer l’équilibre pulmonaire. Il s’ensuit de fortes perturbations qui indisposent aussi bien les sujets sains que les insuffisants respiratoires qui vont être sous l’emprise de crises pulmonaires. 

Ces chaleurs qui persistent dans le temps sont-elles le signe du réchauffement climatique ? Que faut-il faire, à notre niveau (en Algérie), pour préserver notre planète et minimiser les phénomènes météorologiques inquiétants ? 

Aujourd’hui, l’expression «vague de chaleur» tend à se substituer à celle de canicule. La raison est que les vagues de chaleur sont de plus en plus rattachées aux phénomènes extrêmes dont l’origine est attribuée aux changements climatiques qui se manifestent à travers les inondations, les tempêtes, les sécheresses et les «vagues de froid» qu’on a tendance à occulter. Une des raisons pour étayer cette affirmation est l’augmentation, ces dernières décennies, de l’occurrence du nombre de vagues de chaleur et on pense que ces canicules vont augmenter de plus en plus dans le futur.

L’Algérie ne contribue pas fortement à l’occurrence des changements climatiques qui en sont responsables car elle n’émet pas de fortes émissions de gaz à effet de serre qui sont à l’origine de ce phénomène. La moyenne d’émission de ces gaz par habitant est inférieure à la moyenne mondiale. Par contre, notre pays est fortement impacté par les changements climatiques.

C’est pourquoi on doit définir d’urgence une stratégie d’adaptation qui puisse nous permettre de faire face aux effets des changements climatiques.

L’été 2015 bat-il les records en matière de hausse des températures et de pics, ou s’agit-il d’un cycle qui revient… ?

Il y a une tendance persistante concernant le réchauffement d’une année à une autre. Depuis une quinzaine d’années, les records se succèdent et le dernier est celui de 2014. Les dix années les plus chaudes jamais enregistrées sont toutes postérieures à 1997. Les 14 des 15 années les plus chaudes se situent au XXIe siècle, à peine entamé.

Ainsi, l’année 2014 est la plus chaude, suivie de près par 2005 et 2010. On doit attendre la fin de l’été pour tirer une conclusion objective et mesurable. Il s’agit bien d’un cycle qui va revenir sans doute.

Pourquoi les services de Météo Algérie ne donnent pas les informations exactes ? Ils ont tendance à minimiser le phénomène…

A ma connaissance, chaque fois qu’un phénomène météorologique dangereux est annoncé, les services de la météo lancent des bulletins météorologiques spéciaux (BMS).

Ces BMS sont adressés aux divers ministères, aux walis et particulièrement au ministère de la Santé. Le problème de notre pays n’est pas celui de l’information puisqu’elle existe souvent, c’est celui de sa transmission et de son usage.

On doit se poser la question de savoir, en cas de canicule, qui fait quoi, comment et où ? Par exemple, y a-t-il un «plan canicule», à l’instar d’autres pays, qui définit les responsabilités à tous les niveaux en passant du niveau national, régional et local ? Quelles sont les courroies de transmission utilisées en direction des citoyens ? C’est la question d’organisation qui se pose à tous les niveaux de notre société. Pour que le service météo puisse donner de l’importance à la canicule, il faut d’abord que l’Etat en soit conscient et accorde de l’importance à cette question.

Eté chaud, hiver froid, est-ce vrai ?

L’analyse statistique de la tendance actuelle, particulièrement en Algérie, montre que la température minimale augmente plus vite que la température maximale, et ce, depuis plusieurs décennies. D’ailleurs, l’application des modèles climatiques mondiaux actuels (pour les horizons à moyen et long termes : 2050 ou 2100) minimisent les températures minimales en Algérie. En effet les valeurs observées sont plus élevées que celles données par les modèles.

Depuis un siècle, au niveau mondial, les statistiques font apparaître l’augmentation de la fréquence des épisodes chauds au détriment des épisodes froids.

Ce qui fournit une bonne justification de la tendance observée relative au réchauffement global de plus en plus évident. Aujourd’hui, la fréquence d’occurrence annuelle des vagues de chaleur est de 90% et celles de froid de 10%. Tout se passe comme si les épisodes de froid vont disparaître dans l’avenir. A la fin du XIXe siècle, la proportion des fréquences était de 50% pour chacune d’elles. 

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