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Proposition de Création d’un Centre de Recherche
XIV. Perspectives: Proposition de Création d’un Centre de Recherche


I- Les raisons de la création d’un centre de recherche en sciences sociales et santé

1- La première raison dans la création d’un centre de recherche en sciences sociales et santé, est de réunir et de fédérer dans une logique autonome et volontaire les chercheurs d’horizons disciplinaires pluriels intéressés par la santé, la médecine et les maladies (médecins, pharmaciens, épidémiologistes, sociologues, anthropologues, économistes, démographes). L’approche du centre de recherche est de privilégier la mise en œuvre d’un dynamique horizontale qui doit permettre d’accéder progressivement à la production de connaissances qui intègrent et enrichissent nos disciplines respectives. Observons qu’aujourd’hui,  les questions de santé restent encore appréhendées de façon très éclatée, dans des territoires fermés, qui laissent peu de place à l’ouverture et la confrontation plurielle entre  les différents chercheurs. Le regard unique, au sens d’une seule discipline, ne constitue en aucune façon la « vérité » en raison de la complexité de la santé, des  médecines et des maladies.  Ces questions imposent, aujourd’hui, un travail pluridisciplinaire pour comprendre  profondément  les multiples enjeux qui les traversent.  Le centre de recherche aura donc pour vocation de poursuivre et d’approfondir tout le travail entrepris de façon continue et inlassable depuis 1991 par le groupe de recherche en anthropologie de la santé, en 2002, par le laboratoire de recherche en anthropologie de la santé, et en 2012, par l’Unité de recherche en Sciences Sociales et Santé.

2- La deuxième raison dans la création d’un centre de recherche en sciences sociales et santé,  est incontestablement la sous-analyse des questions sociosanitaires dans notre société.  Au-delà des opinions de chacun d’entre nous, force est de constater que  nous n’avons pas suffisamment de données sur la gestion des corps sociaux dans la société (greffe, santé reproductive, etc.), sur le « fonctionnement » des différentes médecines qui existent dans la société,  sur les familles et notamment, les modalités de prise en charge  des différentes pathologies chroniques, sur l’environnement sociosanitaire, (hygiène publique, alimentation, drogue,  inégalités de santé,  etc.).

Le centre de recherche en sciences sociales et santé serait donc producteur d’originalité et de spécificité parce qu’il n’existe nulle part  ailleurs en Algérie, venant traduire 25 ans de travail de recherche mené aujourd’hui par l’Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé sur les thématiques centrales que sont la santé,  la médecine et les maladies. La crise du système de soin algérien n’est pas uniquement d’ordre technique et médical, mais  sociétal, imposant de prendre  en considération tous les facteurs économiques, et psychosociaux.

3- La troisième raison dans la création d’un centre de recherche en Sciences Sociales et Santé, est cette progression logique et continue qui a consisté à partir du groupe de recherche, ensuite du laboratoire et enfin de l’unité de recherche, pour  accéder au centre de recherche. Il ne s’agit  donc pas de greffer un centre de recherche dans un espace vide et sans consistance scientifique.
Le centre de recherche en sciences sociales et santé peut donc se prévaloir au départ d’acquis scientifiques et organisationnels sérieux et crédibles sur le plan national et international, reconnus  par les pairs et les responsables de l’Université d’Oran (voir publication du GRAS, documents joints).  Il ne s’agit pas de créer pour le prestige  un centre de recherche,  ou pour une question de pouvoir, mais au contraire, il serait bien l’émanation d’un travail mené dans la société, non seulement dans le domaine de la recherche mais aussi et surtout de la formation de jeunes chercheurs, révélant des potentialités humaines  très jeunes qui assureront la relève dans la gestion du centre de recherche. Il est important  en effet que nous fassions désormais confiance à des jeunes chercheurs confirmés  pour assurer la responsabilité du centre de recherche.

II- Structuration du projet du  centre de recherche en sciences sociales et sante (GRAS)

La structuration du projet du centre de recherche en Sciences Sociales et Santé (GRAS),  a pu être possible en partant des  recherche menées de façon continue, approfondie et tenace  pendant 25 ans sur les questions sociosantaires en Algérie. La structuration du centre de recherche se réfère à des catégories pertinentes devant permettre d’appréhender finement la santé, la maladie et les médecines, s’appuyant sur  toutes les sciences sociales, par le croisement des regards de différentes disciplines (démographie, sociologie, psychologie, économie, anthropologie, épidémiologie, etc.).  Refusant l’égocentrisme disciplinaire, il s’agira au contraire de donner sens et pertinence à la pluridisciplinarité.

Les catégories pertinentes retenues :

1/ Le corps est ici central pour rendre intelligible un certain nombre de phénomènes sociaux : en premier lieu, les handicaps et notamment la stigmatisation des personnes handicapées (corps caché ou soumis à une distance sociale et à la non-reconnaissance de la personne). En deuxième lieu, le vieillissement est en général  producteur de maladies chroniques qui mettent en scène des usages pluriels du corps qu’il s’agira de décrypter et de visualiser pour montrer les logiques de dépendance ou d’autonomie à l’égard des autres. Le corps vieillissant mobilise des ressources et des compétences plurielles traversées par des enjeux de pouvoir, de solidarité et de conflits entre les membres de la familles, mais aussi au sein des institutions de santé. En troisième lieu, le corps soumis à la transplantation d’un organe mérite une investigation approfondie centrée sur la question du don des organes,  des relations qui se construisent dans l’espace familial pour donner ou  refuser l’organe au proche parent malade. L’éthique, c’est-à-dire l’analyse des pratiques déployées et des décisions à prendre à l’égard du don d’organe,   s’impose pour donner sens à la transplantation qui n’est pas uniquement d’ordre technique ou médical, mais aussi sociétal.  En quatrième lieu, le corps est prégnant dans les questions liées à la sexualité et à la santé reproductive. Ici, les rapports sociaux de sexe sont essentiels pour comprendre les différents discours à l’égard de la sexualité.

2/ Le pluralisme médical dans la société, représente une catégorie pertinente pour comprendre le « fonctionnement » des différentes médecines ancrées dans la société algérienne. En premier, lieu, la question des  sens attribués par le personnel de santé  à leurs activités professionnelles  au quotidien est  centrale  pour  pouvoir mettre en exergue leurs statuts respectifs et leurs identités professionnelles dans un contexte sociosanitaire dominé par un marché des soins hybride et éclaté. En deuxième lieu, la compréhension fine du renforcement de la médecine dite « traditionnelle » depuis la décennie 90, semble essentielle à prendre en considération. Ce sont des médecines plurielles, hétérogènes et enracinées dans la société, s’appuyant notamment sur le religieux, les plantes, les herbes et différents autres produits, qui, au-delà de leur efficacité thérapeutique ou non,  interrogent les notions de confiance et d’interaction de proximité sociale des patients avec les différents thérapeutes. médical. En troisième lieu, le pluralisme médical n’est pas seulement de l’ordre du présent, mais s’ancre dans une histoire qu’il importe de mettre en exergue. L’histoire de la médecine est essentielle à défricher, à  objectiver depuis la colonisation, permettant de mieux comprendre les processus sociaux et thérapeutiques à l’œuvre aujourd’hui. En quatrième lieu, la question de la décision médicale est importante à  clarifier pour comprendre le mode de construction et de constitution du pouvoir qui est celui des médecins.

3/ Familles, santé et société. La famille comme une institution sociale traversée par des multiples rapports, est essentielle à comprendre pour montrer de façon forte et explicite que la santé est indissociable du fonctionnement familial. En premier lieu, il semble important d’objectiver et de  donner une visibilité aux multiples savoirs profanes et d’expérience élaborés quotidiennement par les familles, qui restent très peu reconnus par le système de santé officiel, alors qu’ils complètent souvent les savoirs médicaux. En second lieu, la prise en charge par les familles  concernant le proche parent malade chronique est assurée de façon sexuée, au sens où ce sont en général, les femmes qui assurent toutes les tâches ingrates  (surveillance, soutien affectif, sale boulot, etc.). La question « genre et santé » est donc essentielle pour montrer toute cette division sexuelle du travail dans le champ de la santé (famille, hôpital, etc.). En troisième lieu,  il est important de continuer à restituer de façon approfondie et précise, les trajectoires des  maladies chroniques qui permettent de dévoiler les errances thérapeutiques, les multiples recours aux soins des malades chroniques et la fragilité pour les patients anonymes d’une prise en charge rapide et efficace ; à contrario,  des patients privilégiés qui ont toute la latitude d’être reçus et soignés dans la dignité.  En quatrième lieu,   il faut impérativement s’intéresser aux personnes en fin de vie  dans notre société, et mettre au jour aussi bien les différents dispositifs institutionnels que ceux élaborés de façon invisible par les familles pour faire face  à cette question qui a aussi trait aux rapports  à la mort dans  les familles algériennes.

4/ Environnement, santé et travail. En premier lieu, il s’agira  d’approfondir les enjeux de l’hygiène publique dans la société algérienne, qui est loin d’être uniquement une question de moyens techniques ou d’organisation, mais au contraire un lien avec la reconnaissance de la citoyenneté, devant permettre aux agents sociaux de  construire et de s’approprier l’espace public. En deuxième lieu,  la société algérienne est traversée par des inégalités sociales de santé qu’il est essentiel de mettre au jour. Cette question des inégalités sociales de santé nous semble centrale pour comprendre aujourd’hui,  la production sociale de la défiance,  de l’indifférence  dans la société. En troisième lieu, la santé au travail, permet de dévoiler la gestion des maladies  professionnelles au cœur des conditions de travail dans les entreprises économiques. Autrement dit, il s’agira de montrer le rôle du travail dans la production des maladies chroniques dont beaucoup ne sont pas encore reconnues par la caisse d’assurance sociale. En quatrième lieu, la question des risques et des représentations sociales dans la société, doit permettre  de montrer toute la construction sociale  et politique autour de la notion de risque.

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