CODESRIA, Session 2007, Afrique du Nord
Oran/Algérie, 08-12 octobre 2007
Atelier Algéro-Franco-Tunisien
Formation des doctorants algériens et tunisiens 18, 19, 20 janvier 2013 Oran
Atelier Régional de l’ONUSIDA en Afrique du Nord et au Moyen Orient, Casablanca 21-24 Septembre 2005
Atelier de validation
Travail du sexe en algerie
14 mai 2006, Alger
LES ATELIERS
CODESRIA - Institut sur santé, politique et société en Afrique, session 2007
Dakar, Sénégal, du 5 Novembre au 1er décembre 2007
CODESRIA - Session 2006, Afrique du Nord
Oran, Algérie, du 6 au 10 nov. 2006
Université d'Oran, Cité du Chercheur, Route de l’Aéroport
BP.: 1801/08-31000, Oran
' Tel / Fax : 041 51 92 16  /  040 21 24 41  /  0771 58 94 38
Email: gras_lab@yahoo.fr
Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé

Université d’Oran
INTRODUCTION

La sociologie, l’anthropologie, l’histoire nous parlent de l’homme en société. Les sciences sociales sont fondées sur le travail empirique.
Les sciences sociales sont fondées sur cette perception nouvelle : la société ne s’arrête pas aux portes de l’homme, elle le traverse. Cette présence de la société en nous, cette « histoire incorporée » ; c’est ce que Bourdieu appelle Habitus (1982); une manière individuelle d’être, d’agir et de penser, qui reflète et produit à la fois l’inscription des hommes dans la société


DES SCIENCES DANS L’HISTOIRE

Inquiétude moderne sur l’évolution de la société et la nature du lien social
Les sciences sociales prétendent nous apporter une intelligence du monde. Mais elles n’ont aucun monopole en ce domaine : religions et systèmes politiques proposent également leurs interprétations de l’univers social. A la demande sociale de sens, le praticien des sciences sociales n’est certes pas seul à répondre : à côte de lui parlent le journaliste et l’écrivain, l’homme politique et le prophète.

A la différence de l’idéologie cependant, les sciences sociales aspirent à la scientificité qui fonde leur légitimité sociale : elles s’arment de rigueur contre les facilités de l’évidence. C’est le sens des procèdures de description, d’exemplification, et de vérification qui alourdissent le travail scientifique, et dont ne s’embarrasse pas la rhétorique idéologique.


LA SCIENCE EST LE CONTRAIRE D’UN SAVOIRC CLOS

La science ne nous installe jamais dans le confort définitif de vérités incontestables.  Et les savants n’accumulent pas les savoirs comme un trésor.

Non seulement la physique a progressé de remises en cause en révolutions, mais aujourd’hui même, loin d’être établie dans une paisible communauté de vues, elle reste écartelée entre deux paradigmes -quantique et ondulatoire (Khun, 1983).

On devine ici comment l’argument du sceptique peut se renverser : la pluralité des points de vue n’assure pas la ruine mais la prospérité de la science ; elle est en effet un processus dynamique, dont le moteur est le conflit : est scientifique, non pas ce qu’on pourrait prouver de manière définitive, mais ce qu’on peut réfuter (Popper, 1980). Et donc combattre.

LE DISCOURS SCIENTIFIQUE REPOSE SUR LA CONTRADICTION
Dans un ouvrage célèbre (l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme) Max Weber rapprochait l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, le religieux et l’économique (Weber, 1964) ; mais c’est la controverse animée qu’il a suscitée qui fait peut-être l’intérêt majeur de l’ouvrage (Bernard 1970).
Si les sciences sociales, à l’opposé d’une image unitaire de la science, sont donc déchirés entre les écoles, c’est que leurs vérités ne sont que le résultat provisoire de débats qui en fondent leur légitimité. La critique est toujours inscrite dans l’exercice de la science, et doublement lorsqu’elle parle de la société. D’une part, en effet, elle est soumise au contrôle de la communauté scientifique… et d’autre part, elle est exposée à la critique, non des seuls spécialistes, mais de tous, à commencer par ceux qu’elle prétend étudier -car à la différence des autres sciences, les sciences sociales  sont affligées   d’un objet doué de parole, et même bavard, l’homme.


DES SCIENCES DE l’HISTOIRE

Les sciences sociales, en mettant au jour l’inscription historique des choses humaines, restaurent leur intelligibilité.  C’est la conquête du sens social.

EXEMPLE : Le paysage nous apparait naturel, comme une évidence immuable, éternelle. Or l’œil du géographe y décèle une culture : pour Marcel Ronncayalo, le paysage français est le produit d’une construction sociale, l’objet d’un enjeu politique, le lieu d’un travail idéologique, C’est donc à un véritable apprentissage du regard que nous invite le géographe, qui nous donne à voir le paysage, et ainsi lui redonne sens.

Un principe fondamental des sciences sociales : pour elles tout est document -du moins potentiellement. Ce sont les questions du chercheur qui font parler les objets et transforment la matière inerte en un langage.

EXEMPLES : Des signatures apposées au mariage on peut tirer une histoire de l’alphabétisation (Furet et Ozouf, 1977).  Des registres d’état civil lus par des démographes permettent de retrouver « un monde que nous avons perdu ». (Laslett, 1966).

L’esprit de la révolution française ne nous est pas seulement connu par ses discours et ses archives : cet imaginaire se donne à lire dans les fêtes et les représentations qui lui ont donné corps (Ouzouf, 1976, Agulhon, 1979).

La vie quotidienne apparemment insignifiante, a tout autant du sens.  (De Certeau, 1975).  Dans Les manières de table, Norbert Elias ne voit-il paspercer la marche de la civilisation (1973). 
CORPS / Si le corps est lui-même une création de la société, comme le montre MarcEL Mauss, « les techniques du corps » sont Un langage social (1974). Parce que tout est social, tout est langage, et donc document.

Ce qui nous parait le plus individuel, le plus subjectif, et même irrationnel, n’en est pas moins soumis à une logique sociale.

La question des goûts que nous professons. Pierre Bourdieu nous a montré qu’il n’y a rien d’arbitraire dans nos inclinations les plus profondes (1979). On voit à travers une première série d’homologies la cohérence de nos goûts, qu’il s’agisse de musique, de peinture ou d’alimentation ou de vêtement : ils forment système. L’histoire de mes goûts raconte en grande partie mon histoire sociale. Il ne s’agit pas de substituer au libre arbitre de l’individu le déterminisme de la société.
Les sciences sociales sont bien toujours une critique des discours existants, qui ont pour eux la force de l’évidence.


IMPORTANT :

CRITIQUES DES IDEOOGIES DOMINANTES, LES SCIENCES SOCIALES CONTRIBUENT AINSI FREQUEMMENT A UN « RETOUR DU REFOULE » SOCIAL. ELLES NOUS FONT PARTAGER LA « VISION DES VAINCUS » DANS L’AMERIQUE DE LA CONQUETE (WACHTEL, 1971), ELES NOUS FONT DÉCOUVRIR LA PLACE DES FEMMES DANS LA CITE GRECQUE (LORAUX, 1981), DES IMMIGRES ICI, DES ESCLAVES AILLEURS. BREF, LES SCIENCES SOCIALES NOUS FONT ENTENDRE LES VOIX DES ACTEURS SANS ELLES REDUITS AU SILENCE ;

LES SCIENCES SONT TOUJOURS CONFRONTÉES À DES DISCOURS; CHACUN ECLAIRE UN PAN DE LA REALITE, mais aucun ne peut fournir un étalon de la vérité.
LA CRITIQUE : UN PRINCIPE DE METHODE et non d’UN a priori politique.


DU BON USAGE DES SCIENCES SOCIALES

Les sciences sociales que l’on dit « sociales », le sont à la fois, parce qu’elles parlent de la société, et parce qu’elles en parlent depuis la société. C’est donc à la société que doivent parler les sciences sociales. Sinon, cela serr à rien, si c’est des discussions entre les seuls savants.

LES SCIENCES SOCIALES NE PEUVENT RESOUDRE LES PROBLEMES DE LA SOCIETE, NON PLUS QU’UNE AUTRE, A SA PLACE, MAIS SEULEMENT AIDER A LES POSER. IL EST DONC IMPORTANT DE CIRCONSCRIRE LEUR AMBITION? EN SEPARANT BIEN POUR REPRENDRE L’EXPRESSION DE MAX WEBER, LE SAVANT DU POLITIQUE.

LA DECISION NE RESULTE PAS DE LA SEULE CONNAISSANCE, MAIS AUSSI DU CHOIX POLITIQUE, QUI MET EN JEU DES INTERETS

LES SCIENCES SOCIALES NE PEUVENT PAS DES TECHN IQUES DE GESTION DE LA SOCIETE.
LOIN D’APPORTER DES REPONSES SIMPLES, AUX QUESTIONS DU DEVELOPPEUR, LES SCIENCES SOCIALES ELLES FORMULENT DES PROBLEMATIQUES QUI OBLIGENT A REDEFINIR LES PROBLEMES- NON PAR GOUT DE LA DIFFICULTE MAIS PARCE QUE LES REALITES SOCIALES SONT COMPLEXES.

Prof. Mebtoul Mohamed, anthropologue et sociologie
ATELIER DE FORMATION

Le regard des sciences sociales dans le champ de la santé


Introduction aux sciences sociales
Dimanche 23 novembre 2013 à 14h00
Voir les Ateliers de Formation:              

Introduction aux sciences sociales

Les rapports des patients à l'imagerie médicale

Rapport au corps

L’enquête ethnologique de terrain

Douleurs de l’enfant cancéreux : l’expérience vécue par les parents

Urgence médicale: approche sociologique

Vieillesse, corps et maladies chroniques
Par Rubrique:

Atelier de Formation  |  Atelier d'Ecriture  | Réseau des Doctorants  |  Ateliers CODESRIA